Alain Marleix, le secrétaire national de l’UMP aux élections, est très content. Nicolas Sarkozy lui avait donné pour mission de transposer aux municipales « l’ouverture » qu’il a réalisée au gouvernement : il recense déjà « 500 candidats » issus de la gauche ou des « milieux proches de la gauche ». « Il y a une belle moisson, et cela arrive tous les jours : il y a un tel malaise au PS », se félicite-t-il. « Aujourd’hui, on recense en moyenne entre un et deux candidats d’ouverture dans chacune des 280 villes de plus de 30.000 habitants. »
Et ce ne sont pas des candidats décoratifs : nombre d’entre eux figurent en deuxième ou en troisième position. A Chartres, c’est un conseiller général PS, à Angers, un ex-adjoint PS, à Nantes, un adjoint de Jean-Marc Ayrault... A Toulouse, c’est un sénateur socialiste. A Colmar, le maire UMP se vante d’avoir cinq colistiers de gauche. Et ce n’est pas fini. On parle par exemple à Rouen du président fabiusien de la communauté d’agglomération...
D’autre part, l’UMP a investi comme tête de liste des personnalités de gauche, comme Jean-Marie Bockel (Mulhouse), Yves Urieta (Pau), Roger Didier (Gap), Jean-Marie Kutner (Schiltigheim)...
Naturellement, l’UMP débauche également, autant qu’elle le peut, des membres du Modem. Plusieurs maires sortants, du parti de François Bayrou, sont déjà investis têtes de liste UMP...
L’ouverture, c’est aussi la « diversité ». Mais l’UMP investit des « issus », comme têtes de liste, dans des endroits où la gauche est majoritaire et non ralliée...
Nicolas Sarkozy taille ainsi des croupières au PS et au PRG (et au MoDem), et en même temps il brouille les cartes. Il ne sera pas facile de commenter l’élection d’une liste où l’UMP a des candidats de gauche, ou d’une liste de gauche avec des élus UMP, ni d’établir les rapports de force.
Pour nous cela ne posera aucun problème : il y a longtemps que nous parlons de l’UMPS...
Quand aux cocus de la présidentielle, peut-être vont-ils commencer enfin à se réveiller...
SOURCE : http://yvesdaoudal.hautetfort.com